CSE-siège

Regroupement de l’audiovisuel public : L’Eden, et après ?

La mise en place de France Télévisions devait apporter à la télévision publique un avenir radieux sur le plan des moyens et des contenus. Certains esprits chagrins avaient pourtant alerté le personnel sur les risques de réduction d’effectifs liés à des fusions de services ou à des changements radicaux de méthodes de travail, sans que les gains de productivité ne soient pour autant réaffectés à une amélioration des programmes, dont les budgets ont toujours été sous-évalués. Les faits ont clairement donné tort à ceux qui avaient mis ces projets sur la table et à ceux, du côté syndical, qui avaient cru bon d’en accompagner le déploiement.

La création de franceinfo, sans les moyens adéquats, n’a fait qu’accélérer le processus de décomposition de la télévision publique. Aujourd’hui, la suppression du Soir 3 et le transfert à marche forcée de la direction régionale de France 3 Paris-Ile-de-France vers le Siège s’inscrivent dans la même logique –  et ça vient de sortir – la direction de l’information régionale ne sera désormais plus rattachée au réseau mais à la direction de l’information. Vive la décentralisation !

Quant au paradis sur terre que certains attendaient, il s’est surtout matérialisé par une aggravation des conditions de travail, une détérioration du niveau de l’emploi et une stagnation salariale sans précédent.

Malheureusement, les mauvaises recettes ont la vie dure. Il s’agit désormais de regrouper l’ensemble de l’audiovisuel public dans une même structure. On entend dans la presse qu’on assisterait au retour de l’ORTF, qui fit longtemps figure de référence, avec la BBC dont on nous rebat souvent les oreilles pour justifier une recentralisation. Et c’est bien une nouvelle recentralisation dans laquelle on veut nous embarquer, avec son lot de structures technocratiques sans valeur ajoutée et bien évidemment, l’éternelle recherche d’économies dont les personnels ne pourront que faire les frais, sur le plan social, sans faire de mauvais jeu de mots.

Tout concourt en effet à nourrir les plus grandes craintes : remise en cause des accords collectifs, suppression de services ou d’activités, multiplication incontrôlée des polycompétences, perte de sens au travail et explosion des risques psycho-sociaux.

Reste à (sa)voir quelles seront les conséquences concrètes et immédiates de ce projet néfaste sur le quotidien des salariés dont nous sommes tous chargés de défendre les droits et à qui la Direction voudrait faire croire qu’il suffirait de « prendre son avenir professionnel en main » pour en finir avec le mal-être dans l’entreprise, comme en témoigne la communication sur le plan de formation. Les autres dossiers à l’ordre du jour au CSE en sont d’ailleurs une vivante démonstration !

Enfin, remonte ces jours-ci à la surface, le spectre de l’élection frelatée de Delphine Ernotte en 2015. Au fil d’une quarantaine d’auditions dans le bureau de la juge d’instruction, on va voir apparaitre au grand jour une magouille d’état entre l’Élysée, le CSA, Orange et quelques faiseurs de rois et reines de l’audiovisuel, dans le seul but d’écarter les candidatures des professionnels du secteur, pour y placer une candidate sans expérience et sans projet personnel. On trouvera dans cette magouille d’Etat les germes de la maladie qui frappe l’audiovisuel public aujourd’hui et des tourments qui assaillent les salariés de France Télévisions. Et soyez-en sûr nous y reviendrons…

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